L’importance d’enseigner une exécution parfaite du patron moteur | Alexsereno.com
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Exécution, perfection, répétition !

Exécution, perfection, répétition !

Si vous êtes en camps d’entraînement durant les Fêtes, voici l’occasion rêvée pour passer encore plus de temps avec vos athlètes afin de peaufiner leur technique.

Enseigner l’exécution

Entraîner de jeunes athlètes, c’est avant tout enseigner. Nous enseignons la gestion du temps, les valeurs du sport et une foule d’autres apprentissages importants qui leur seront essentiels une fois venu le temps de passer à l’étape suivante : la haute performance (pour ceux et celles qui ne s’y rendront pas, ces outils leur seront très utiles au sein du parcours professionnel aussi !).

À mon avis, lorsqu’on œuvre auprès de jeunes athlètes, l’enseignement le plus primordial est celui du développement des habiletés techniques spécifiques à son sport. La biomécanique reste, et restera toujours, le fondement du sport, toutes disciplines confondues. Une mauvaise exécution finira toujours par rattraper l’athlète en court de route (blessures, n’est plus capable de baisser son temps, etc.).

Pourtant la formule est si simple :

Exécution parfaite X répétitions = Optimisation du patron moteur

Le « millage poubelle»

Malheureusement, dans les sports cycliques tels que la natation, le vélo ou la course à pied, nous (ça m’inclut !) avons tendance à négliger l’exécution au profit des filières énergétiques (la vitesse ou l’effort déployé à la course au lieu de la façon de courir).  Pour mieux saisir mon point, imaginez un peu ce qui arriverait si on ajoutait un moteur de Ferrari dans une tondeuse à gazon !

Le résultat de ces longues sessions où l’athlète exécute le mauvais patron moteur, c’est ce que j’appelle le « millage poubelle », puisqu’il ne fait qu’accroître l’apprentissage de mauvais mouvements !

Prendre exemple sur des sports dangereux

Le meilleur exemple pour mieux saisir mon propos est le suivant : imaginez un peu un gymnaste ou un plongeur qui décide de ne pas faire attention lors de l’exécution d’une triple vrille ; je vous garantis qu’il y repensera à 2 reprises lors de son prochain saut !

Lorsqu’on pratique un sport cyclique (natation, course, vélo), la douleur arrive beaucoup plus tard, c’est à dire après plusieurs répétitions erronées du mauvais mouvement (ex. mauvais recouvrement de bras au crawl). Personnellement, j’utilise une méthode fort simple avec mes jeunes : la MMA (Même Maudite Affaire). La prémisse est simple; si tu n’es pas capable de faire 25 m comme il faut de l’exercice prescrit, pourquoi en ferais-tu bien 50 m ?

J’essaie donc de bâtir mes sessions techniques avec un, et un seul objectif technique en tête (ex. travailler le recouvrement), et je vais marteler ce dernier pendant un mesocycle complet (1 mois) s’il le faut, jusqu’à ce que je sois satisfait :

  • Je sélectionne un groupe d’éducatifs bien précis (des éducatifs faciles, intermédiaires et difficiles), afin d’attaquer chaque partie du patron moteur que je désire modifier (ex. rouler les hanches au crawl).
  • Je prescris les exercices faciles au début du cycle, sur une courte distance.
  • Lorsque l’exercice est maîtrisé, j’augmente le niveau de difficulté, toujours sur la même distance.
  • Si tout se déroule comme prévu, je termine le mois avec une maîtrise parfaite des exercices difficiles sur une distance de 25 mètres.

Il me suffira d’augmenter les distances prescrites le mois suivant ! Bien sûr, certaines techniques peuvent prendre plus ou moins de temps à maîtriser, mais le principe de répétition reste toujours le même : il faut bien faire les choses à la base avant de passer à l’étape de performance.