Plusieurs jeunes triathlètes possèdent des vélos très dispendieux. Est-ce réellement nécessaire ? | Alexsereno
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La culture de l’effort

La culture de l’effort

Depuis mon retour au coaching, il y a un phénomène qui attire mon attention : l’équipement sportif des jeunes triathlètes.  Lorsque j’assiste à des courses, je remarque que plusieurs jeunes possèdent des vélos très dispendieux (ainsi que des wetsuits, des trisuits, des lunettes de soleil, etc.).  Est-ce réellement nécessaire ?

Ce phénomène peut-il biaisé la notion de l’effort d’un jeune ?

Je n’ai pas de réponse à cette question.  Par contre, j’ai connu des gars, à mes débuts dans ce sport, qui couchaient dans leur auto la veille d’une course, ou qui roulaient sur un vieux vélo dont le cadre était craqué!

J’ai aussi connu une époque où mes athlètes arrivaient à l’entraînement de natation du matin (5h30), l’hiver, en vélo de montagne. Mes jeunes loups du temps se levaient à 4h30, roulaient de Montréal jusqu’à la piscine, nageaient 7km et repartaient de plus belle en ville (c’est fou comme c’est pratique un sauna pour sécher vos vêtements!)… Eh oui, ils allaient à l’école de surcroît!  Ces athlètes avaient-ils une meilleur notion de l’effort ? Selon moi, oui.*

L’exemple des éthiopiens

Lorsque j’écoute des vidéos des équipes de course éthiopiennes, je suis toujours obnubilé par la sélection naturelle qui s’opère parmi ces grands coureurs et coureuses. Vous y remarquerez des quantités astronomiques de coureurs qui essaient tous de faire leur place parmi les meilleurs.

Ce qu’il y a de plus incroyable, c’est de voir tous ces coureurs se donner corps et âme avec leurs vieux souliers de course et leurs vêtements démodés, en quête d’une meilleure qualité de vie.

Si jamais vous avez la chance de visionner Endurance, le film du grand champion éthiopien Haile Gebrselassie, vous comprendrez rapidement de quoi je parle.  Sinon, écoutez ce petit reportage d’un autre grand champion, Kenenisa Bekele.

Le juste milieu

N’empêche, il faut trouver un juste milieu. Comme parent ou comme entraîneur de jeunes athlètes, il faut se poser la question : «Mon enfant/athlète a-t-il réellement besoin d’un vélo à 6 000 $ (de toute manière, la plupart des jeunes ne possèdent même pas les habiletés nécessaires pour rendre justice à la belle machine!)?» Dites-vous que si votre jeune démontre un sérieux potentiel, il y a fort à parier qu’il profitera rapidement du support financier de commanditaires et de ses fédérations sportives.

 

Avec des athlètes en développement, il faut investir là où c’est important, c’est-à-dire : de l’équipement adapté à la pratique de leur sport pour éviter les risques de blessure (ex. de bons souliers de course, un vélo de la bonne dimension et durable, des orthèses, un bon casque à vélo, etc.), ainsi qu’un bon encadrement sportif (un bon coach!)… Et pour vous cher parent ; un bon véhicule, parce que vous aurez à faire le taxi plusieurs fois par semaine!

* J’en conviens, c’est assez extrême comme régiment d’entraînement! Mes techniques de coaching ont beaucoup évolué depuis… Mais parfois, je me pose des questions ; ai-je trop ramolli avec le temps? Je me rassure en me disant que si j’avais trop ramolli, je n’aurais jamais réussi à placer une athlète sur l’équipe des Jeux en 2012 (Kathy Tremblay). J’aime mieux croire que j’ai développé une meilleure approche : la main de fer dans un gant de velours.