Courir dans l’eau, pas juste pour les bobos

Courir dans l’eau, pas juste pour les bobos


En 2011-2012, je suis allé faire quelques camps préparatoires à Clermont en Floride, avec Kathy Tremblay.  L’objectif de ces camps était de pouvoir s’isoler du reste de la population élite, afin de rebâtir la confiance de mon pur sang! Ce n’est pas nécessairement le genre de stratégie que je suggèrerais dans la majorité des cas, puisque l’aspect collaboratif du groupe est selon moins nécessaire à l’évolution d’athlètes de pointe.  Cela dit, comme cette sélection olympique  représentait un scénario de « do or die », j’ai opté, conjointement avec Kathy, pour une alternative différente (l’isolement).  Je dois préciser que nous comptions sur les valeureux services de son mari David-James, comme domestique et entraîneur de support.  Nous ne pouvions peut-être pas compter sur la présence d’un groupe de triathlètes, mais notre ratio athlète/entraîneurs était le meilleur au monde! Et que dire de la 2e partenaire de Kathy, ma fille de 4 ans qui nageait à ses côtés comme support moral et qui me disait, “OK papa, Kat s’est assez entraînée aujourd’hui,  laisse-la sortir!”

C’est donc lors d’un de ces camps que nous avons rencontré un petit groupe de coureuses qui se préparaient elles aussi, pour leur sélection olympique, et à plusieurs reprises nous les croisions dans la piscine en fin de journée, durant nos sessions de course dans l’eau.  J’avais toujours privilégié la course dans l’eau pour Kathy, étant donné sa constitution plus fragile, mais de voir ces filles courir elles aussi dans l’eau tous les soirs comme Kat, venait confirmer mes dires.  Des coureurs de fond qui courent 2 fois par jour, sans compter les sessions de qualité, ça en fait du millage sur 2 pattes (et ça scrap)!

J’ai donc décidé de vous partager mes trucs et astuces de course dans l’eau

  1. C’est une excellente façon de récupérer d’une dure journée de vélo, de course ou de triathlon. Dans ce cas, je privilégie la course avec une ceinture, dans la partie profonde.
  2. C’est une bonne façon de revenir au jeu (jeu de mots) suite à une blessure. Ainsi la course en partie profonde devrait, selon moi, être privilégiée avant celle en partie peu profonde où vos pieds toucheront le fond (mise en charge).  Dans un tel cas, je corroborerais avec votre physio ou autre spécialiste de la ré
  3. C’est une excellente façon de travailler la technique. Ainsi, vous pouvez faire de brèves séries (15-20 secondes) de fréquences rapides (dans le profond avec ceinture ou peu profond).  Il est même possible de faire quelques éducatifs de course à pied dans la partie peu profonde
  4. Si vous êtes créatifs, vous pouvez même faire des séries coactives de transitons (triathlon)! En début de saison, lorsque Kathy devait récupérer de petits bobos, je continuais d’incorporer une session de travail coactif, au sein de chaque microcycle.  L’objectif étant de garder les patrons moteurs actifs.  Ces séries étaient très courtes et rapides; ex. 250m natation + 5 minutes de vélo sur rouleau à cadence élevée (au bord de la piscine) + 3 min de course dans l’eau (peu profonde).  Nous répétions la série à quelques reprises, selon le degré de fatigue.
  5. Mon dernier point; si vous êtes un coureur fragile, vous pouvez facilement complémenter votre volume de course à pied dans l’ La mise en charge étant moindre, vous risquez de subir moins de blessures fréquentes.

Cela dit, je dois préciser que vous devriez toujours privilégier les conseils et la supervision d’un entraîneur et/ou d’un spécialiste médical avant d’incorporer la course dans l’eau à votre régime d’entraînement.  Pour ma part, ce fut très bénéfique pour mes athlètes…surtout Kathy!