Le love money…j’aime pas!

Le love money…j’aime pas!

Je réfléchis depuis un certain temps sur le concept de « love Money ». Pour résumer le principe, le « love money », c’est l’argent que vos proches (amis, famille, conjoint, etc.) vous donnent ou prêtent, pour démarrer votre projet d’affaires. Ces sommes sont souvent essentielles lors du démarrage d’une entreprise. Les bailleurs de fonds traditionnels (ex. les banques) seront plus réticents à allonger les cordons de la bourse, puisque les entreprises de type « startup » ne possèdent pas, pour la plupart, d’historique de crédit ou de bilan financier. Il existe, bien entendu, d’autres sources de financement disponible, mais je tenais à partager cette réflexion ici-bas.

C’est connu, mes associées et moi avons démarré nos entreprises (surtout Café Barista) avec les moyens du bord…c’est-à-dire avec pratiquement aucune source de financement. Deux raisons ont incité cette décision:

  1. Le désir de bâtir un modèle d’affaires autosuffisant, qui deviendrait son propre bailleur de fonds. À certains égards nous avons réussi notre objectif, par contre en court de route, nous avons fait appel au financement pour permettre à l’entreprise de croître et de gérer son fonds de roulement adéquatement (ex. achats de matériel ou équipement industriel, de bâtiment, etc.). L’avantage majeur de notre stratégie initiale tient au fait que cela nous a permis de bâtir un bilan financier positif et que le financement n’a jamais mis en péril la situation financière de la compagnie.
  2. Le besoin d’autonomie…donc de ne pas dépendre de personne! Cet aspect fait appel au type de personnalité entrepreneuriale. Par exemple, Enrico et moi, ne voulions absolument pas être redevant envers qui que ce soit. Bien entendu ceci est possible dans certains modèles d’affaires, mais pas pour tous (ex. si vous désirez démarrer un commerce au détail…à moins d’avoir accumulé une très grosse mise de fonds au fil des ans). Je vous invite à consulter la section de mon blogue qui fait état des débuts de ma maison de torréfaction, vous comprendrez la nuance.

C’est d’ailleurs ce 2e point qui a suscité ma réflexion. Je tiens à préciser que ces lignes représentent une opinion très personnelle sur la question, mais malgré tout, ceci mérite que vous réfléchissiez aux questions suivantes si vous acceptez du « love money »:

  1. Et si votre projet s’avérait un échec (et l’échec ne devrait pas constituer un frein à votre aventure!)?
  2. Serez-vous en mesure de faire face à vos proches ayant perdu leur investissement?

Vous me direz que ces investisseurs (famille, amis, etc.) vous ont confié leur argent en toute connaissance de cause (du moins je l’espère pour eux!) et qu’ils étaient conscients du risque. Toutefois serez-vous capable de faire face à la musique? Êtes-vous réellement prêt à vivre avec les conséquences d’un échec potentiel (friction, perte d’amitié, etc.)?…Moi, pas!

Ainsi, le sujet m’intrigue à un point tel, que j’ai décidé de demander l’avis à un ami et expert, qui enseigne aux HEC et qui possède son entreprise de « coaching » d’affaires, Alain Thériault. Voici ce qu’il avait à dire sur le sujet:

Sans vouloir verser dans la théorie, disons que tout dépend du seuil de tolérance au risque du bailleur de fonds. Votre oncle est entrepreneur, il a passé par là, il sait qu’il peut perdre son “investissement” et il peut vivre avec ça, tant mieux. Votre vieille grand-mère cardiaque, je m’abstiendrais.

Bien sûr, la “personnalité” entrepreneuriale y est pour beaucoup. Toi et ton partenaire ne vouliez pas être redevables envers personne, tous n’ont pas ce genre d’éthique (ou d’orgueil) 😉 Prendre du Love money et faire un plan de remboursement à court terme peut être une option.

Parlant de plan…

“Les bons comptes font les bons amis” dit le dicton. Ami ou parents, même avec un “non, ce n’est pas nécessaire”, insistez pour écrire un petit contrat avec vos engagements à rembourser (en partie ou en totalité et dans quelle condition)) votre dette advenant un échec. Cela aura le mérite d’être clair et de se rappeler sous quelle condition le “prêt” a été octroyé. Ça devrait minimiser les prises de bec.

Une autre option a considérer est celle d’aller chercher le “love money” dans la poche de ses premiers clients…. encore une fois ici, l’idée est de repayer sa dette le plus rapidement possible, avec les premiers profits de la business, quitte à manger des pâtes à l’huile d’olive pendant encore quelques semaines….

Finalement, échec ou succès, en love money, vous aurez à faire face à la musique, comme tu le dis si bien. En cas d’échec n’en faites pas votre “chant du cygne” et en cas de succès méfiez-vous du “Chant des Sirenes”

Connaissez-vous Alain Thériault?

Ancien décrocheur ayant fini par faire un Bac et un MBA, Alain Thériault est devenu coach quand il s’est rendu compte qu’en affaires, il y a une sacrée différence entre connaître quelque chose et l’appliquer. Il aime bien coacher les entrepreneurs, ces êtres délinquants qui remettent en cause quotidiennement le statu quo. Accessoirement, Alain a fait son cours de coach chez “Coaching de gestion”

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