Pourquoi le mentorat est-il important en affaires ou dans le coaching sportif ?

Pourquoi le mentorat est un excellent complément de formation sur le terrain

Ce que la formation ne t’apprend pas toujours

Le mentorat permet d’accélérer l’apprentissage en transformant la théorie en réflexes applicables sur le terrain. Les formations donnent les bases, mais un mentor aide à interpréter les situations réelles, à éviter des erreurs coûteuses et à développer son jugement plus rapidement, autant dans le sport qu’en affaires.

J’agis comme mentor-coach en natation, en triathlon et en affaires depuis plusieurs années. Mon plus grand constat à ce jour ? Le mentorat est un peu comme le moteur qui permet à la formation « académique » d’un entraîneur ou d’un entrepreneur (les cours, les ateliers et les certifications) de mieux s’exprimer sur le terrain dans ces deux sphères d’excellence, ce que j’aime appeler le « Field of Play ».

À vrai dire, ce phénomène n’est pas exclusif au sport ou à l’entrepreneuriat. À mon avis, il existe dans la plupart des professions. Par exemple, un jeune professionnel en marketing apprendra souvent beaucoup plus rapidement les rouages du métier s’il est accompagné par un senior à ses débuts.

 

Mon expérience avec Pierre Lafontaine : apprendre « on the Field of Play »

Je peux témoigner à quel point cette expérience a été bénéfique pour moi, puisque j’ai eu la chance de vivre mes quatre premières années de coaching sous la gouverne de Pierre Lafontaine, un entraîneur de natation de renommée internationale.

Ces années ont été déterminantes. Elles ont forgé l’entraîneur que je suis devenu, mais aussi l’entrepreneur que je suis aujourd’hui, puisqu’il existe énormément de transferts d’acquis entre ces deux métiers. Le leadership, la planification stratégique, la gestion de la pression, l’adaptation au changement et la communication en sont quelques exemples que j’ai eu la chance d’explorer dans mes deux univers professionnels.

Dans le coaching, tout le monde peut apprendre les bases de la physiologie, de la biomécanique ou de la psychologie. Mais savoir comment articuler ces notions dans un contexte d’entraînement, c’est une autre paire de manches.

C’est pourquoi, à mes yeux, le coaching est un art. Il faut jongler avec plusieurs variables et les maîtriser pour créer un « masterpiece », c’est-à-dire une performance unique.

Et surtout : rien ne remplace l’expérience d’un vétéran qui a appris, souvent à la dure, de ses propres erreurs (je peux en témoigner personnellement, ma liste est TRÈS longue !).

 

Mes 3 étapes de l’apprentissage

En parlant d’erreurs, dans mon parcours, j’ai vite réalisé qu’au bord d’une piscine ou en affaires, on finit souvent par passer par l’une de ces trois étapes d’apprentissage (FYI, c’est un constat personnel ; il n’y a rien de très scientifique là-dedans, loin de moi l’idée de prétendre être un spécialiste de la pédagogie) :

  1. À nos débuts, on est souvent un peu borné, ce qui rend l’apprentissage plus difficile et ça explique pourquoi on répète souvent nos erreurs (je peux en témoigner !). C’est fort probablement parce qu’on désire se prouver et que notre ego en prend un peu pour son rhume (again, je peux en témoigner !).
  2. La deuxième étape arrive assez rapidement, parce qu’on finit par se tanner de répéter les mêmes erreurs. C’est là qu’on commence réellement à apprendre de celles-ci et qu’on cesse de les reproduire.
  3. La dernière étape témoigne de beaucoup de sagesse. C’est celle où l’on apprend des erreurs des autres. C’est souvent là qu’on retrouve le professionnel plus expérimenté… ou le mentor !

 

Les 3 grandes phases de l’évolution d’un professionnel

Restons dans le sport encore un instant.

À mes débuts, j’étais souvent intimidé par les méthodes des coachs d’expérience. Sur papier, certaines séries d’intervalles semblaient n’avoir aucun sens pour moi. Pourtant, sur le terrain, ça fonctionnait à merveille.

Le mentorat permet justement de poser des questions afin de mieux comprendre comment ces experts sont arrivés à des formules et des stratégies aussi efficaces.

Un bon ami entraîneur et formateur m’a un jour partagé une anecdote qui illustre parfaitement les trois grands stades de la carrière d’un coach. Et honnêtement, le parallèle avec mes premières années en affaires est frappant.

1. Le débutant

Ses entraînements sont décousus. On peine à comprendre la logique derrière… et lui aussi probablement.

En affaires, c’était un peu la même chose. Quand je regarde mes premières planifications stratégiques, ça ressemblait énormément à mes premiers entraînements : beaucoup d’énergie, beaucoup d’idées décousues… Pour être honnête, c’était du gros n’importe quoi ! Lol !

2. Le jeune professionnel

Après avoir accumulé plusieurs formations, il rédige ses entraînements comme s’il récitait un manuel d’entraîneur.

Tout est théoriquement parfait, mais souvent trop rigide pour la réalité du terrain (ex. : les athlètes peinent à suivre les consignes demandées). Ça émane souvent de la formation (ce que tu as appris théoriquement), mais ça manque d’adaptation sur le terrain.

La vraie clé du coaching, comme en affaires, réside dans la capacité de moduler l’entraînement afin d’arriver à une exécution parfaite, ou tout de moins, aussi parfaite que possible selon le contexte actuel.

Après quelques années en entrepreneuriat, mon réflexe a été de multiplier les formations pour accroître mes compétences… et réduire mon anxiété. Mais j’ai vite réalisé que les grands principes d’affaires ne s’appliquent jamais intégralement dans la vraie vie.

Il faut contextualiser. Moduler. Adapter.

Et ça, au début, c’est extrêmement difficile lorsque notre expérience sur le terrain est plus limitée.

3. Le senior

Curieusement, ses entraînements ressemblent parfois à ceux du débutant au premier coup d’œil, mais quand on observe ses athlètes nager ou courir, tout est fluide. Tout est exécuté avec précision.

Il a transcendé la théorie.

He’s a master of his craft.

Si je fais le parallèle avec mes 35 années en affaires, je possède aujourd’hui suffisamment d’expérience pour me fier à mon intuition. Et plus souvent qu’autrement, ça fonctionne assez bien.

Personnellement, j’ai toujours pensé que l’intuition était aussi bonne que la somme des expériences qui la composent.

 

Pourquoi le mentorat accélère réellement la progression

Je peux affirmer avec certitude que le mentorat, durant mes deux premières phases professionnelles, est ce qui m’a permis d’atteindre plus rapidement la troisième (bon, si on considère 30 ans comme étant rapide…). Je le rappelle souvent : pour réussir, il faut être prêt à jouer le « long game ».

Mais surtout, ça m’a permis d’éviter plusieurs erreurs de parcours importantes.

 

Formation + mentorat : le vrai duo gagnant

La formation demeure essentielle dans le développement d’un professionnel.

Mais l’exposition à des mentors d’expérience est souvent le véritable « game changer ». C’est ce qui permet de transformer des notions théoriques en rendement concret dans sa sphère d’expertise.

Parce qu’au final, entre comprendre quelque chose… et savoir l’appliquer sous pression, sur le terrain, il existe un monde de différence.

 

Comment choisir son mentor

Ah ! Ça, ce n’est pas évident.

Un mentor devrait, a priori, être généreux de son temps et surtout très patient. S’il possède en plus des aptitudes pédagogiques, c’est tout un bonus !

Selon moi, le plus important, c’est qu’il y ait un « fit » avec vous. Il faut que l’énergie passe avec cette personne. On est dans du relationnel.

Vous pouvez aussi faire appel à plusieurs mentors si vous désirez approfondir un champ d’expertise bien précis. Par exemple, vous pourriez avoir un mentor en marketing et un autre en affaires afin d’approfondir vos connaissances dans un secteur précis tout en bénéficiant de l’expérience générale de l’autre.

 

FAQ

Pourquoi le mentorat est-il important en affaires ou dans le coaching sportif ?

Parce qu’il permet d’éviter des erreurs coûteuses et d’accélérer le développement du jugement professionnel grâce à l’expérience d’un mentor.

Quelle est la différence entre formation et mentorat ?

La formation transmet des connaissances théoriques et parfois pratiques. Le mentorat aide à appliquer et contextualiser ces connaissances dans des situations réelles.

Pourquoi les jeunes professionnels progressent-ils plus vite avec un mentor ?

Parce qu’ils bénéficient directement de l’expérience, des réflexions et des erreurs déjà vécues par quelqu’un de plus expérimenté.

Le mentorat est-il utile seulement dans le sport ?

Non. Le mentorat est pertinent dans presque tous les domaines : entrepreneuriat, marketing, gestion, vente, création de contenu, etc.

Comment reconnaître un bon mentor ?

Un bon mentor ne donne pas seulement des réponses. Il aide surtout à développer le jugement, la réflexion et la capacité d’adaptation.

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