Pourquoi partir en camp d’entraînement avec des jeunes ?

J’arrive d’un camp d’entraînement en Floride pendant lequel j’ai supervisé l’équipe du QC junior.  Pour être très honnête, travailler avec cette jeune clientèle de triathlon me porte à chaque fois à réfléchir sur l’importance de notre rôle d’entraîneur dans leur carrière future… Si carrière future, il y avait. À cet âge, nous sommes un maillon très important de la grande chaîne qui pourrait se terminer par un champion canadien, voire un athlète sur l'équipe nationale. Toutes nos actions, nos décisions, nos enseignements affecteront le cours du développement de ces jeunes.

Ainsi, bien au chaud en Floride, je me suis posé la question : est-il vraiment nécessaire de partir en camp d’entraînement avec ces jeunes ?  La réponse pour cette clientèle bien précise (équipe du QC) est OUI.  Cela dit, quelles sont les priorités d’apprentissage d’un tel camp?  Voici ma liste :

  1. Apprendre à s’organiser. Plusieurs jeunes ont dû manquer plusieurs journées d’école. Ils ont donc dû prévoir, avec leurs professeurs, les travaux scolaires qui devaient être exécutés à leur retour (oui, nos jeunes ont fait des devoirs entre les sessions d’entraînement) ;
  2. Savoir gérer du matériel. Un sport comme le nôtre requiert beaucoup de matériel technique (casque de vélo, vélo, souliers, wetsuits, etc.) ;
  3. Savoir gérer son horaire. Avec 2 ou 3 entraînements par jour, ces jeunes doivent prévoir les périodes de repos, de devoirs, de récupération (ex. stretching), de repas, etc. Disons que chaque minute compte… Et oui, ils ont du temps pour s’amuser !
  4. Apprendre à faire à manger. Si tu t’entraînes 4 à 6 heures par jour et que tu te nourris de macaroni au fromage fluorescent… Tu risques de performer comme un macaroni ! C’est d’ailleurs pourquoi nous avons offert à nos jeunes un atelier de nutrition lors du dernier camp à Montréal ;
  5. Collaborer avec les autres. Ces jeunes doivent apprendre à travailler avec d’autres athlètes de différents clubs. Ils doivent gérer les repas ensemble, apprendre à vivre en communauté dans la même maison… Bref, apprendre à vivre dans une microsociété d’athlètes ;
  6. Apprendre à gérer une surcharge d’entraînement. Parce qu’un camp d’entraînement représente une charge plus élevée qu’à l’habitude. La gestion de la fatigue est très importante.
  7. Emmagasiner les leçons. Pendant ces 2 semaines, nos athlètes ont reçu des conseils de plusieurs entraîneurs. Ces conseils doivent désormais être appliqués à leur retour à la maison. À cet effet, ils doivent aussi apprendre à travailler avec d’autres entraîneurs (comme moi !) qui ne sont pas les leurs.
  8. Avoir du fun! Parce que ça reste du sport et du sport, c'est avant tout une activité… Il faut donc que ce soit plaisant. Pouvoir partir au chaud au mois de mars… Y’a pire que ça dans la vie! Alors il est important qu’ils prennent conscience de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre une telle expérience (merci papa et maman !).

Pour terminer, si vous êtes un entraîneur et que vous supervisez de jeunes triathlètes qui ne font pas encore partie de l’équipe du Québec, vous devriez initier vos athlètes à une expérience de camp d’entraînement en sol québécois.  Profitez des congés scolaires comme ceux des Fêtes ou de la relâche afin d’organiser un camp. L’expérience leur sera très bénéfique lorsque viendra le temps de voyager avec des équipes provinciales ou nationales.

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