Offrir ses services gratuitement : est-ce vraiment une bonne idée ?

Offrir ses services gratuitement : est-ce vraiment une bonne idée ?

Au fil des ans, on m’a souvent déconseillé d’offrir mes services gratuitement (en coaching comme en affaires). Ça m’a toujours irrité un brin (frustré ? anyway you get the point !) parce que je considérais que c’était une bonne action de ma part.

Je me suis toujours dit que si je pouvais me permettre d’offrir mes services à ceux dans le besoin ou qui m’inspirent, j’allais le faire sans rien demander en retour, et ce, peu importe ce qu’en pensent mes confrères et consœurs.

Mon rationnel est fort simple : certaines personnes en ont fait de même lorsque j’étais plus jeune et j’en suis encore reconnaissant à ce jour.

Mais voilà que je réalise depuis peu que mes ami(e)s coachs ou entrepreneurs avaient probablement un peu raison (my bad, je suis tête de cochon et j’assume !).

Cela ne veut pas dire que j’arrêterai d’offrir mes services gratuitement, mais ça me porte à réfléchir un peu sur la question.

Est-ce si mal de vouloir aider ?

J’ai jamais voulu mal faire en offrant mes services gratuitement (surtout à mes collègues).

Partager mes connaissances, mon savoir, m’a toujours apporté beaucoup de satisfaction. C’est sûrement le pédagogue en moi qui refait surface à ce moment-là.

Ma prémisse, comme mentionné plus haut, est que j’ai rencontré des gens très généreux dans ma vie qui m’ont, à leur tour, donné un coup de pouce quand j’en avais besoin (surtout à mes débuts), sans jamais rien demander en retour.

Et surtout, ça a souvent été un « game changer » dans mon parcours professionnel (faut croire que je suis pas le seul borné).

Alors pourquoi ne pourrais-je pas en faire autant ?

Cela dit, au fil des ans, j’ai fait 3 constats qui me portent à réfléchir lorsque vient le temps d’offrir gratuitement mes services :

Primo : ça crée un préjudice aux autres professionnels de mon industrie

Le meilleur exemple qui me vient en tête est celui du coaching sportif.

C’est un métier si précaire a priori et qui n’est souvent pas rémunéré à sa juste valeur par manque de ressources (je parle du sport amateur ici).

J’avoue que j’ai arrêté cette pratique depuis quelques années par respect envers mes ami(e)s coachs.

Secondo : quand c’est gratuit, l’engagement n’est pas toujours au rendez-vous

Ça, c’est un point assez frustrant merci !

Lorsque je ne facture pas mes services, les gens ne s’engagent pas totalement (du moins, pas à la hauteur de mes attentes) et je finis parfois par perdre un peu mon temps, parce qu’ils ne mettent pas en pratique mes conseils.

C’est comme si mes services devenaient du fast food !

Tertio : quand ce n’est pas assez cher, on ne me prend pas toujours au sérieux

Weird, hein ?

Lorsque je ne facture pas assez cher pour mes services, parce que je désire offrir un break financier à une start-up, par exemple, ça dévalue mon service.

J’imagine que l’entreprise se dit que si c’est pas cher, ça ne doit pas valoir cher ?

Et souvent, elle fera appel à un compétiteur.

Pour valider ma thèse, j’ai même fait l’exercice à quelques reprises de monter ma facturation de façon importante, pour réaliser que la conversion et surtout le niveau de sérieux étaient grandement supérieurs.

Vous aurez compris que ce dernier point est le plus irritant parmi les 3, puisque je n’arrive pas à comprendre pourquoi tu voudrais payer plus cher pour avoir l’impression que tu reçois un service de top niveau.

Mais bon, ça m’empêche pas de dormir la nuit (pis c’est une belle occasion d’écrire ce billet de blogue lol !).

Alors, faut-il vraiment offrir ses services gratuitement ?

Offrir ses services gratuitement peut être une bonne idée, mais pas sans conditions. La gratuité fonctionne surtout lorsque la personne aidée est réellement engagée et que la valeur du service demeure claire. Le problème n’est donc pas nécessairement de ne pas facturer, mais plutôt le manque d’engagement et la perception de la valeur.

Finalement, j’en suis venu à la conclusion qu’offrir ses services gratuitement pouvait être une bonne idée quand même, mais pas sans conditions.

Le problème n’est pas nécessairement la gratuité : c’est surtout l’engagement de la personne qu’on aide et la perception de la valeur du service (points 2 et 3).

C’est pourquoi j’offre désormais 2 types de mentorat d’affaires ou de coaching.

Une version bénévole, dans laquelle je suis TRÈS sélectif quant à mon choix de candidat et, surtout, je suis TRÈS exigeant quant à son engagement et envers mes attentes.

Si je décide de te coacher, faudra être responsable et faire tes devoirs.

En identifiant clairement ce qui est du bénévolat (et la rareté de cette offre), ça me permet de qualifier de meilleurs candidats susceptibles de profiter de mon offre de mentorat bénévole.

En gros, je le traite désormais comme une forme de commandite (sans nécessairement demander rien en retour).

En passant, si le sujet du mentorat t’intéresse, j’ai écrit un billet sur le sujet.

Et une version payante (c’est assez self explanatory, ça, non ?).

Ceci me permet de tracer une ligne dans le sable entre mon engagement personnel (bénévolat) et mes services professionnels, c.-à-d. ce qui est gratuit et ce qui est payant.

(Note à moi-même : revoir les landings de mes services sur mon site web.)

Et le plus drôle dans tout ça : le bon karma ?

Fun fact par contre, chaque fois que j'ai fais du mentorat bénévolement dans ma vie, pour une raison dont je m’explique mal, y’a toujours une opportunité d’affaires qui a fini par en découler par la suite.

Ex. : la personne parle de mon mentorat à un ami qui devient un client par la suite.

J’vais attribuer ça à du bon karma !

 

FAQ

1. Est-ce que travailler gratuitement fait nécessairement perdre de la valeur à mes services ?

Non. Le problème n’est pas forcément de travailler gratuitement, mais de ne pas faire la distinction entre une action bénévole et un service professionnel.

2. Pourquoi certaines personnes prennent-elles moins au sérieux un service offert à bas prix ?

Parce que le prix influence parfois la perception de la valeur. Dans mon expérience, réduire fortement mes tarifs pour aider une entreprise n’a pas toujours produit l’effet escompté. D’ailleurs, certaines compagnies ont plutôt perçu mon offre comme moins intéressante et ont choisi un compétiteur.

3. Comment savoir à qui offrir du mentorat gratuitement ?

Je qualifie désormais les personnes que je crois réellement capables de profiter de mon aide et qui démontrent un véritable engagement. Le mentorat bénévole est donc devenu une forme de commandite personnelle. Ainsi, j’offre mon temps, mais je choisis à qui je le donne et je m’attends à que la personne fasse sa part.

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